Renouveau

Publié le par Gyz

    Le printemps maladif a chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
    Et dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement;

    Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
    Et, triste, j'erre après un rêve vague et beau
Par les champs où la sève immense se pavanne

    Puis je tombe énervé de parfums d' arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
    Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...
    -Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil
.

Stéphane Mallarmé
   ( Poésies, édition posthume,1899)
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Publié dans Poèmes

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