Colonisation : suite
"La société n' a pas besoin de ceux qui n' ont pas besoin d' elle. Je conçois la puissance de ce grand mot sur des peuples nouveaux, sur une terre vierge qu' un petit nombre d' hommes, rassembles d' hier,s' efforcent de fertiliser et de faire servir à leurs besoins; alors,si la colonisation est volontaire, je méprise celui qui viendra s' engraisser impunément du travail des autres. Je puis concevoir le civisme chez les nations libres et vertueuses, s' il en existe. Mais ici, sur le sol de la France, où chaque profession regorge d' aspirants,où l' espèce humaine, hideusement agglomérée autour des palais, rampe et lèche la trace des pas du riche, où d' énormes capitaux, rassemblés selon toutes les lois de la richesse sociale, dans les mains de quelques hommes, servent d' enjeu à une continuelle loterie contre l' avarice, l' immoralité et l' ineptie, dans ce pays d' impudeur et de misère,de vice et de désolation, dans cette civilisation pourrie jusqu' à sa racine,vous voulez que je sois citoyen?"
Georges Sand
Georges Sand
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